Créée en 1981 comme premier parc de conservation de Sicile, la réserve interdit les routes côtières, laissant son littoral de sept kilomètres accessible uniquement par sentier de randonnée ou par bateau. Le résultat est une étendue de côte méditerranéenne inchangée depuis que les commerçants phéniciens y ont débarqué au VIIIe siècle avant J.-C., ses plages étant composées de coquillages concassés et de corail plutôt que de sable volcanique.
Les excursions en bateau au départ du Porto di San Vito Lo Capo suivent l'arc oriental du golfe, passant devant Cala Rossa et Cala Bianca avant de contourner Punta della Guardia pour entrer dans la réserve. Les opérateurs proposent des boucles quotidiennes le matin et l'après-midi, la plupart partant entre neuf et dix heures, lorsque l'eau est la plus claire et que le vent de tramontane ne s'est pas encore levé. Le circuit standard dure de trois à quatre heures et comprend des arrêts baignade dans trois criques, avec masques et tubas fournis. Les charters privés permettent des itinéraires plus longs : certains continuent vers le sud jusqu'aux faraglioni de Scopello ou vers le nord jusqu'aux îles Égades, où les pêcheries de thon de Favignana fonctionnent depuis l'époque romaine.
Le drame géologique du littoral est dû à la collision des plaques africaine et eurasiatique, qui a poussé les anciens fonds marins vers le ciel et les a fracturés en promontoires verticaux. Ce qui subsiste aujourd'hui, ce sont des parois abruptes de calcaire pâle, interrompues par des grottes et des arches creusées par des millénaires d'action des vagues. La plongée avec tuba révèle des prairies de posidonies et des bancs de castagnoles, dont les populations se sont stabilisées grâce à trois décennies de restrictions de pêche dans les limites de la réserve. La clarté de l'eau dépasse vingt mètres les jours calmes, la transparence étant fonction d'une sédimentation minimale et de l'absence de ruissellement fluvial.
Les capitaines privilégient les départs matinaux pour la lumière et l'état de la mer. À la mi-journée, les courants thermiques des montagnes intérieures génèrent des brises d'après-midi qui rendent la surface plus agitée et réduisent la visibilité sous-marine. Les intersaisons de mai et fin septembre offrent les conditions les plus calmes, bien que la température de l'eau tombe en dessous de vingt degrés Celsius en dehors de la fenêtre juillet-septembre. La plupart des navires partent du port principal de la ville, un quai en béton reconstruit dans les années 1970 pour accueillir les chalutiers de pêche et l'afflux saisonnier de bateaux charters. Les réservations garantissent des créneaux de départ pendant les semaines à fort trafic du mois d'août, lorsque les excursionnistes venus de Palerme saturent le programme matinal.